Ce que Napoléon ne savait pas

Cette histoire est contée par Talleyrand lors d’une réception mondaine qu’il donna dans l’une de ses résidences en comité restreint.

Vous le savez aussi bien que moi, Napoléon avait autant d’ego qu’il avait de génie militaire. C’était également quelqu’un de très vif qui portait une attention particulière aux détails. Même lorsqu’il mangeait, tout devait être parfait et il ne pardonnait pas aux cuisiniers le moindre relâchement.

Un jour, un de ses cuisiniers eut le malheur de mal découper la viande qu’il lui servit. Furieux, l’Empereur saisit un couteau et se résolut à couper sa viande lui-même. Il n’oublia de l’insulter et de l’humilier comme il en était coutume. Avant de le congédier, il lui vociféra : « On n’est jamais mieux servi que par soi-même ».

Le cuisinier s’en alla, non sans une certaine rancune dans son cœur.

Les années passèrent, l’Empereur échoua à Moscou, ne put construire la paix et perdit enfin son empire à Waterloo comme vous le savez tous. Exilé à Saint-Hélène, une question n’avait de cesse de le torturer.

Puisqu’il était le plus grand génie de tous les temps, il était pour lui inconcevable qu’il soit responsable de son infortune, elle devait nécessairement venir de quelqu’un d’autre, ou de n’importe quel facteur extérieur. Tout sauf lui ! Cette idée le suivait nuit et jour, il ne parlait plus que de ça. Il demanda à ses compagnons au cours d’un repas: « Dites- moi mes fidèles, qui est responsable de ma chute? ».

Personne n’osa répondre. Après tout ce temps passé à son service, ils avaient bien appris qu’il ne fallait jamais confirmer à un homme ce qu’il savait déjà. Ils décidèrent de temporiser et proposèrent d’envoyer des lettres en Europe afin qu’un autre donne la réponse que tout le monde connaissait depuis longtemps.

Quatre mois plus tard, une lettre arriva de Paris et tomba directement dans les mains de l’Empereur déchu. Avant de l’ouvrir, il réunit ses hommes, tendit la lettre à l’un d’entre eux et lui ordonna de lire à haute voix.

Le compagnon s’exécuta:

« Sire, ce n’est ni le froid de l’hiver,
Ni la bêtise de Grouchy,
Qui furent responsables de vos revers,
Mais bien votre ego infini.

Vous me dîtes un jour, que l’on n’est jamais mieux servi que par soi-même. Je vous réponds aujourd’hui, avec une légère pointe d’ironie je le concède, que l’on n’est jamais mieux desservi que par soi-même.
Votre humble cuisinier.
« 

Napoléon ne répondit point. Il se leva et s’enferma dans sa chambre. Il mourut quelques jours plus tard. Voici la sagesse que nous pouvons tirer des derniers moments de l’Empereur.

Nous sommes à la fois notre meilleur allié, mais également notre pire ennemi.

Publié par massivaaitsalem

Entrepreneur soucieux de se développer.

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