Le développement personnel est-il une arnaque?

Il y a quelques jours, je m’interrogeais sur le développement personnel. J’ai été adepte de cette littérature, je prenais plaisir à aller en librairie pour me procurer un livre qu’un Youtuber recommandait, un livre censé changer ma vie.

J’en ai lu des dizaines. Ma vie a-t-elle changé pour autant? Je dirais que certains livres ont eu une plus grande influence sur moi, comme Des Souris et des Hommes de John Steinbeck, ou Humain, trop Humain de Nietzsche.

Pour autant, je ne regrette pas mes achats; j’ai beaucoup appris, mais pas autant que l’on me l’a promis. La plupart de ces livres sont parées de titres pompeux et de promesses qui le sont autant. Devenir riche, atteindre le bonheur, développer votre confiance en vous, atteindre votre potentiel maximum, devenir un leader…

J’en arrive à cette conclusion: le développement personnel est une bonne chose. Je pense qu’il faut lire certains de ces ouvrages qui ont inspiré les plus grands (je pourrais vous en conseiller si vous me le demandez dans les commentaires), mais qu’il faut le faire en étant lucide et réaliste. Ces livres vous aideront, mais ils ne changeront pas fondamentalement votre vie. Vous seul le pouvez.

Il y a énormément de livres, d’auteurs et des coachs en développement personnel: il y a forcément des escrocs, des charlatans qui profitent de la naïveté de leur public pour les dépouiller, mais dans une arnaque, les deux partis ont une part de responsabilité.

Si l’on veut fustiger cette littérature, il faut également fustiger les lecteurs.

J’écris cet article suite au passage de Julia de Funès sur le plateau de Quotidien. Ce passage m’a laissé un goût amère, et comme personne n’osait la contredire, je le fais dans cet article. Je n’ai pas lu son livre et n’ai pas pour ambition d’en dire du mal ou du bien, ni d’émettre un jugement personnel sur l’auteure. Je souhaite simplement réagir à son passage que vous trouverez ici.

Elle n’est restée que dix minutes, il est normal qu’elle généralise certains aspects de son discours. Ses entretiens avec le Figaro sont plus longs; elle peut donc développer son raisonnement.

Voir aussi: Réduire le bonheur à cinq leçons, c’est prendre les gens pour des imbéciles.

Je me base uniquement sur son passage chez Yann Barthès pour une simple et bonne raison. En cinq minutes, elle a détruit la crédibilité du développement personnel, sans aucune nuance; un spectateur lambda prendra ses dires pour la vérité et se détournera automatiquement de cette littérature alors qu’elle aura pu lui apporter quelque chose.

Julia de funes développement impersonnel

Développement personnel ou impersonnel?

Je suis d’accord avec le titre, mais pas avec le sous-titre.

Après lecture de plusieurs ouvrages de développement personnel, après y avoir réfléchi et après avoir entendu les critiques d’autres personnes (vous aurez les liens à la fin de l’article), j’en suis également arrivé à la conclusion que, selon moi, en général, le développement personnel était impersonnel. Je m’explique.

Les auteurs n’érigent plus des principes universels mais des méthodes universelles; ils ont oublié la différence qui existe entre ces deux termes.

Lire aussi: Faut-il avoir des principes et des convictions?

Il existe peu de principes. Lorsque l’on s’intéresse à la philosophie dans toute sa diversité (européenne, américaine, asiatique, arabe…), on se rend compte que tous les sages de tous les pays ont érigé les mêmes principes directeurs censés guider notre vie.

Pourquoi ces philosophies sont tout de même différentes?

Les penseurs ont imaginé d’autres moyens d’être en accord avec ses principes. Cela s’explique par exemple par la condition géographie, climatique dans laquelle ils vivaient. Les principes se retrouvent à tous les endroits du globe, seules les méthodes diffèrent. Je précise quand même qu’on retrouve des principes inhérents à certains peuples, tous les principes ne sont pas uniformisés; la grande majorité l’est.

Si un livre de développement personnel prône des principes et propose des méthodes pour les appliquer, tout en expliquant qu’il en existe une multitude et que donc, le lecteur doit aller au delà des méthodes données, c’est une bonne chose.

Je prend les principes, j’essaye les méthodes. Si ces dernières ne me conviennent pas, j’en cherche d’autres.

Beaucoup d’auteurs considèrent les méthodes comme universelles; un public non averti va alors se forcer à adopter des méthodes qui lui sont impropres, impersonnelles. Dans ce cas, le terme de développement impersonnel est judicieusement choisi.

J’ai déjà rencontré ce cas de figure lors de mes lectures.

J’étais d’accord sur le principe, mais je doutais que les méthodes me conviennent. Je les appliquais mais n’obtenais pas le succès escompté. Était-ce moi le problème? Avais-je raté quelque chose dans mon apprentissage?

Tout n’est pas à jeter.

Grâce au développement impersonnel, j’ai développé des capacités qui m’ont été utiles pour progresser. Si le développement impersonnel n’apporte pas des méthodes personnelles, il apporte quand même un état d’esprit, un mindset nécessaire pour voir les choses du bon côté, pour allant de l’avant, pour être optimiste.

Elle rappellera plus tard dans son passage le paradoxe suivant: « Comment le développement personnel peut devenir personnel si l’auteur s’adresse à des millions de personnes de la même façon? »

Il faut avouer que les gens ont deux aspects: l’aspect individuel qui fait que chacun est unique et l’aspect de masse, qui uniformise les gens. Les auteurs de développement personnel s’adressent à ce second aspect. Ce n’est donc pas si incohérent que ça.

C’est pour cette raison que je ne suis pas d’accord avec « Le succès d’une imposture ». Qualifier toute cette littérature d’imposture est un manque de respect pour tous les auteurs honnêtes et bien intentionnés qui écrivent pour aider ceux qui en ont besoin.

Il existe des escrocs, des charlatans qui se prétendent spécialistes de tout et de rien, mais faut-il être un expert, un docteur d’une discipline pour s’exprimer? Je ne crois pas. Cela vaut-il la peine de vendre un livre au titre si irrespectueux et trop général?

Je suis conscient qu’il y a l’aspect marketing qui entre en jeu; un tel titre est toujours plus vendeur.

Des coachs pour tout et pour rien

Yann Barthès lui demande ce qu’elle mettrait dans le développement personnel. La réponse de l’auteure va bien évidemment viser à décrédibiliser cette littérature.

Julia de Funès possède plusieurs avantages. C’est la petite-fille du grand Louis de Funès, autant dire que ça augmente son capitale sympathie comme nous le verrons à la fin de l’article.

Julia de Funès est jolie, présentable, bien accueillie par l’animateur et elle s’exprime bien; on a envie d’être convaincu.

Elle va jouer sur l’absurde: « Je mets un peu tout; il y a des coachs en tout maintenant, il y a des coachs en nutrition, des coachs en respiration (je l’ai appris hier), vous pouvez apprendre à respirer avec un coach [sourires moqueurs du public], des coachs en authenticité [Yann Barthès s’étonne], des coachs life et des love coachs pour apprendre à tomber amoureux.« 

On tombe sur des coachs dans tous les domaines, c’est vrai.

Les coachs en respiration par exemple. Il suffit de faire une simple recherche sur Google pour constater qu’il y a seulement, deux voire trois coachs dans ce domaine. En cherchant un peu plus sur les produits qu’ils vendent, on remarque vite qu’il s’agit de livres et de formations, ces dernières n’excédant pas les quarante euros.

Je ne me suis jamais intéressé à la respiration. Je sais que plusieurs personnalités, entrepreneurs et autres personnes à « succès » recommandent quelques exercices de respiration pour se sentir mieux. Est-ce de l’arnaque? Peut-être, mais qui peut le dire avant d’avoir essayé?

Je ne pense pas en avoir besoin. Concrètement, je n’ai pas d’argent à investir dans ce domaine. Si j’étais riche, peut-être que je me procurerais un de ces livres pour tester.

Ceux qui ont acheté les livres et les formations sont peut-être plus heureux maintenant, peut-être que les nouvelles connaissances acquises leur permettent d’être plus zens, plus épanouis…

Je n’ai jamais aimé le terme coach de vie, mais si de tels coachs existent, c’est qu’il y a une demande. On voit beaucoup de gens malheureux qui ne savant pas atteindre leurs objectifs. Pourquoi n’auraient-ils pas besoin d’aide à ce sujet.

Nous sommes trop arrogants.

On pense que l’on peut tout faire tout seul. Si d’autres ont acquis des connaissances et les ont expérimenté pour leur propre vie et souhaitent les enseigner, où est le problème?

Le problème est le prix. Si c’était gratuit, personne n’écrirait de livres pour dénoncer l’escroquerie.

Ces coachs et autres « éducateurs » vendent leurs services bien trop chères. Des centaines d’euros, voire parfois, un millier d’euros pour bénéficier de leur expertise. Avec des prix aussi élevés, je comprend aisément la méfiance et même la défiance à leur égard.

Je dirais pour m’a part que des formations coûtants des centaines d’euros sans retour sur investissement pécuniaire ne valent pas le coup.

Je prend un exemple qui me concerne.

Lorsque j’étais au lycée, je suivais des blogs comme Art de séduire ou la chaîne Youtube de Nicolas Dolteau. Je me rendis compte des aspects ridicules que pouvaient présenter ces deux sources, en particulier la première. L’aspect financier était trop présent et nuisait à la qualité de l’information. De mémoire, un coaching complet avec Nicolas Dolteau coûtait environ un SMIC. Art de séduire proposait des e-books sur tout: comment sexualiser une conversation SMS…

Je prenais tout ça au sérieux, mais comme disait Napoléon: « Il faut toujours se réserver le droit de rire le lendemain de ses idées de la veille.« 

Est-ce que pour autant, le contenu gratuit était à jeter? Non. J’ai réellement pu me développer et apprendre des choses grâce à eux: l’importance de toujours soigner son image, d’avoir une vie intéressante pour être intéressant, la confiance en soi, le stroytelling, le langage corporel, l’affirmation de soi…

Comment expliquer que les prix soient élevés?

Publilius Syrus a déjà répondu à cette question:

« Toute chose a la valeur que son acquéreur est prêt à payer. »

Nicolas Dolteau, de son vrai nom Yann Piette, dirige une autre chaîne Youtube éponyme, ainsi qu’une autre, « L’homme expliqué« , destinée aux femmes qui souhaitent améliorer leurs relations avec les hommes.

Yann Piette conseil ceux qui veulent réussir, devenir plus productives, plus charismatiques. Certains de ses conseils sont du déjà-vu des centaines de fois et perdent leur pertinence. Mais à nouveau, n’y a-t-il pas des conseils utiles que vous pouvez appliquer pour vous sentir mieux ou réussir?

Bien sûr que si.

Il a également écrit Comment mettre un homme dans votre poche, qui a obtenu quatre étoiles et demi sur Amazon (avec 101 commentaires client). Beaucoup le remercie d’avoir écrit ce livre qui a changé leur vie. Ces personnes sont elles nécessairement des endoctrinées, des malheureuses qui ont besoin d’un opium? Pas plus que les autres.

Le prix est bien trop élevé, mais ce n’est que mon avis. Si quelqu’un achète une formation à 300 euros qui le transforme réellement, où est le mal? il aura peut-être payé trop cher, mais peut-être que sans cette formation, il n’aurait jamais atteint de tels résultats.

Ce n’est pas le développement personnel qui est mauvais; c’est le manque de discernement des gens. On peut tous tomber sur des livres creux; on perd alors dix ou quinze euros. On peut au contraire tomber sur des livres remarquables pour la même somme.

Je vous recommanderais d’être un bon sceptique. Interrogez-vous, testez (sans prendre trop de risques) et faites-vous votre propre idée.

Le développement personnel est une drogue.

Julia de Funès compare la développement personnel à la drogue, en ceci que, de la même manière que le cannabis, être adepte du développement personnel crée de l’illusion, du rêve, du vent. Ça fait du bien mais ce n’est pas une bonne chose, il n’y a pas de substance, et que comme la drogue, ça coûte cher. Désillusions, culpabilisation, dépendance…

Je ne pense pas que nous avons lu les mêmes livres de développement personnel. Certes, des auteurs vendent du rêve et de l’illusion, il n’y a qu’à voir les titres des livres qui promettent à eux-seuls la richesse, le bonheur, la beauté et la jeunesse éternelle…

Je suis d’accord pour la partie désillusion et culpabilisation. Comme dit plus haut, les méthodes peuvent ne pas nous convenir. Si nous n’en sommes pas conscients, nous pouvons déchanter et culpabiliser. « J’ai la réponse devant les yeux mais je ne suis même pas capable de l’appliquer… » Dans ce cas, le véritable « coupable » est plus le lecteur que l’auteur. Le lecteur doit en être conscient.

Il peut y avoir dépendance dans le cas où on lit mais on n’applique jamais les principes.

On a un projet: créer une chaîne Youtube sur la permaculture.

Avant de se lancer, on veut se former (ce qui est la bonne chose à faire): on achète un livre sur l’aisance à l’orale de manière à être performant derrière la caméra. Une fois le livre lu, on veut être encore plus au top donc on achète un autre livre sur le langage corporel, sur la rhétorique… on achète et on achète sans jamais appliquer.

Si l’on achète qu’un seul livre et qu’on l’applique, on n’aura pas besoin d’autres, puisque les conseils se retrouveront d’un livre à l’autre. La dépendance n’est due qu’au lecteur, puisque tous les livres lui recommandent d’appliquer les conseils.

Enfin, dire que le développement personnel coûte aussi cher que la drogue est malhonnête. De vrais consommateurs de cannabis peuvent dépenser jusqu’à 500 euros chaque mois pour fumer. Personne ne va s’acheter pour 500 euros de livres et de formations mensuelles.

D’ailleurs, Yann Barthès précise que 31% des Français lisent chaque année au moins un livre étiqueté développement personnel. On est loin de la dépendance relative à la drogue…

Les nouveaux « Tartufe ».

Un des journalistes du Quotidien pose une question relative à la formation de ces coachs. Julia de Funès répond que le terme coach est une « appellation d’origine non contrôlée qui recouvre le meilleur comme le pire [ah, enfin une nuance], et plus de pire que de meilleur souvent [ah, mince] »

Grosso modo, si ce n’est pas reconnu par l’Etat, il y a danger.

Julia de Funès est philosophe, elle possède un doctorat en philosophie. Sans ce doctorat mais avec toutes les connaissances qu’elle a tiré des livres, serait-elle toujours philosophe?

Je ne donne pas plus de crédit à quelque chose d’officiel qu’à quelque chose qui ne l’est pas: seule m’intéresse la pertinence des propos. Un docteur en philosophie dénué de bon sens vaudra moins qu’un amateur de philosophie plus pertinent.

Je ne nie pas le titre de philosophe à Julia de Funès, c’est une simple illustration. Comme disait Ralph Waldo Emerson:

« Un bon livre remplace l’université »

Et de toute façon, les professeurs à la fac se basent… sur des livres!

Lire aussi: Qu’est ce qu’être philosophe?

Comment faire pour aller mieux dans ce cas?

L’animateur pose une question pertinente.

Julia de Funès admet que les ouvrages de développement personnel sont faciles à lire et que les promesses qui y sont portées le sont tout autant. Elle ne répond cependant pas à la question. Elle esquisse l’idée de lire de la philosophie et de la psychanalyse.

Il faut être réaliste: tout le monde ne va pas lire de la philo et de la psychanalyse, pour la simple et bonne raison que tout le monde n’a pas les capacités (ne s’alloue pas le temps pour développer ses capacités) de comprendre ce genre de lecture.

Détail significatif

Yann Barthès lui montre des photos d’elle en compagnie de son grand-père, Louis de Funès. J’ai remarqué quelque chose d’intéressant en lien avec ce que je disais au début, par rapport à l’autorité qu’elle dégage du fait de son nom.

En voyant la photo, elle dit en rigolant: « Comment voulez-vous que je sois crédible après ça? »
Yann Barthès répond: « Vous êtes encore plus crédible à nos yeux. »

Deux choses m’ont dérangé lors de son passage. Premièrement, on peut voir un certain mépris, un dédain pour la littérature qu’elle dénonce. Elle est trop généraliste dans l’entretien et ses propos sont trop péremptoires.

Deuxièmement, la manière dont le présentateur, l’invitée (Nora Hamzawi) et les autres journalistes s’écrasent fassent au titre de docteur en philosophie de Julia de Funès. Ils ne font que hocher la tête tout le long, personne ne songe à la contredire ou au moins à émettre une nuance: ils semblent être d’accord; le spectateur passif sera en conséquence lui aussi d’accord.

Conclusion

Je n’ai pas lu le livre de Julia de Funès et ne mets aucunement son intégrité intellectuelle ni son honnêteté en cause; son passage sur le plateau de Quotidien ne m’a pas convaincu au point d’écrire un article comme « droit de réponse ».

En faisant des recherches, j’ai pu en apprendre plus sur elle. Elle semble très intelligente et peu pompeuse. Je la lirai ou l’écouterai à l’occasion.

Je ne sais pas encore si je vais écrire un autre article où je dévoilerai mon avis sur le développement personnel. Qu’en dites-vous?

Pour conclure, voici quelques conseils à garder en tête si vous voulez acheter un livre de développement personnel.

  • Renseignez-vous toujours sur l’auteur. Qu’a-t-il réellement accompli dans sa vie? Pouvez-vous avoir un aperçu de son travail?
  • Il existe des milliers de livres de développement personnel: ils se ressemblent tous à quelques nuances près. Inutile d’en acheter dix sur le même sujet. N’en achetez pas un autre si vous n’avez pas appliqué les conseils du précédents.
  • Si vous vous intéressez au bien être, intéressez-vous aux stoïciens (Épictète, Marc Aurèle, Sénèque) et à Épicure. Tous ces philosophes ont écrit des textes courts et faciles d’accès. Ne vous-en privez pas!
  • Vous pouvez connaître les 100 meilleurs conseils pour réussir votre vie, ils ne serviront à rien si vous ne les appliquez pas!

D’autres avis sur la question: https://www.youtube.com/watch?v=iHwYTzb8_SM
https://www.youtube.com/watch?v=k3N-fvg5t_4
https://www.youtube.com/watch?v=gRw2n6L1me4
L’article de Slate: http://www.slate.fr/story/166196/societe-happycratie-bonheur-developpement-personnel-pensee-positive

AIT-SALEM Massiva

Publié par massivaaitsalem

Etudiant en Relations Internationales à Paris. Passionné de philosophie, de littérature et d'art.

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