La philosophie de Jean-Claude Van Damme

Jean-Claude Van Damme est un des Belges les plus connus au monde. Champion de karaté, star du cinéma américain, producteur, show-man et… philosophe, ou en tout cas, véritable penseur (je vous renvoie à l’article expliquant la différence). Les fans de JCVD ne cessent de prendre sa défense sur Youtube ou sur les réseaux sociaux.

En effet, JCVD a beaucoup fait parler de lui suite à des interviews ou à d’autres entrevues moins « officielles ». Sa manière de parler, ses expressions, ses mimiques ainsi que sa philosophie même sont devenues sources de moqueries pour une grande partie des internautes. On le relègue souvent au rang de bouffon, de clown plutôt marrant mais à qui l’on ne doit pas trop accorder d’importance.

Il y a quelques mois, je suis tombé sur son passage chez Ardisson datant de 2001, que vous pouvez retrouver ici, dans lequel il répond aux questions, supporte les bassesses de Baffie et passe outre l’incompréhension générale. Avant ça, je ne connaissais pas vraiment ce personnage; je savais que c’était une star, qu’il avait fait beaucoup de films, qu’il savait se battre, qu’il avait eu des problèmes avec la cocaïne… mais je ne m’étais jamais intéressé à son parcours de self-made man. Je tombais assez souvent sur des vidéos de gens tentant d’expliquer sa philosophie. Mais je n’étais pas convaincu.
Cependant, après avoir visionné son passage chez Ardisson, je dois vous avouer que ma perception envers lui a totalement changé, et, bien plus que ça: sa philosophie a eu un impact sur moi et ma rendu, je pense, meilleur.

De la même manière que l’analyse de la philosophie de Nicolas Sarkozy, je vais ici décortiquer le passage de JCVD et interpréter ses paroles. Il ne s’agit pas d’une liste exhaustive; je ferais très probablement un article complémentaire. Vous retrouverez le minutage correspondant à chaque moment intéressant.

Troisième seconde: « Ah c’est un grand monsieur. »

Dès le début de l’émission, Ardisson passe un extrait d’une musique de Jacques Brel. Dès qu’il entend les premières notes de la chanson, il ne peut s’empêcher de dire « Ah, c’est un grand monsieur. »

S’il y a bien une chose que JCVD ne fait pas, c’est de mal parler des gens en public. Peut-être le fait-il en comité restreint (comme nous le faisons tous), mais pour avoir visionné des dizaines et des dizaines de vidéos le concernant, je ne l’ai jamais entendu dire du mal de quelqu’un, et au contraire; il s’efforce d’en dire le plus grand bien (alors que beaucoup de ses interlocuteurs se moquent de lui).

S’il s’est forgé une réputation d’homme « simple, sympathique et authentique », c’est parce qu’il ne cherche pas à imposer ses vues, à avoir raison, à paraître plus intelligent qu’il ne l’est et surtout, à humilier ou rabaisser quelqu’un. JCVD est quelqu’un de positif, qui cherche à construire des relations honnêtes et authentiques avec les gens qu’il rencontre.

Le Cardinal Mazarin, dans son Bréviaire des politiciens, promulguait comme conseil pour se faire aimer des autres et leur paraître sympathique, de ne jamais dire du mal de quelqu’un et au contraire, de toujours en dire le plus grand bien (même si vous n’en pensez pas un mot). Cette astuce est très efficace, mais elle ne vaut pas grande chose en réalité puisqu’elle est utilisée à dessein, dans le but de manipuler. JCVD applique cette technique, mais inconsciemment, c’est naturel, inné, il n’a pas pour but de séduire ou de tromper, mais simplement de dire ce qu’il lui passe par le cœur.

Nous le savons tous, ne pas médire est une qualité rare qui traduit une noblesse d’esprit ainsi qu’une grande pureté de cœur. Gardons-nous toujours de médire, et essayons de faire ressortir ce qu’il y a de plus beaux chez les autres.

2 minutes 34: « – Le pire boulot que vous ayez fait?
– Attendre »

Cette phrase m’a autant marqué que le plus puissant des aphorismes de Nietzsche…
En arrivant à Los Angeles pour décrocher un rôle au cinéma, Jean-Claude a du faire des petits boulots pour subsister; livreur de pizzas, portier, chauffeur… Ardisson lui demande quel fut le pire boulot; JCVD répond « attendre ». Jean-Claude Van Damme répond attendre…

Si on y réfléchit bien, attendre est en quelque sorte une action. On n’est pas totalement passif lorsqu’on attend quelque chose; notre esprit est constamment en activité, on pense à ce que l’on va faire, à ce que notre vie va devenir, à comment nous allons résoudre tel ou tel problème… Attendre, c’est être bloqué entre le présent et l’avenir. On ne vit pas le présent puisqu’on attend d’y échapper et on ne vit pas dans le futur parce qu’on est toujours en train d’attendre. C’est comme être paralysé, ne plus pouvoir bouger et voir les autres marcher, courir dehors… L’attente est une souffrance, c’est même un supplice; seul le temps peut y mettre fin. On ne dépend plus de nous même, mais du temps qui passe. C’est un concept, une notion qui dirige notre vie.

Si l’on me payait pour attendre 10h dans une journée ou pour travailler dur (même si c’est un travail que je déteste) pendant 10h, alors je choisirais le travail pénible. J’ai déjà effectué des métiers difficiles, mais également des jobs où j’étais simplement payé pour attendre et croyez-en mon expérience, il n’y a rien de pire que d’être payer à attendre, à ne rien faire.

Livreur de pizzas, chauffeur ou portier ne sont pas des métiers si pénibles, surtout lorsqu’on sait que c’est temporaire, et lorsqu’on sait également pourquoi on les fait…

2 minutes 40: « Le travail c’est super, quand on a une mission dans la vie, et qu’on veut faire quelque chose […] quand j’étais en Amérique j’étais acteur, même quand je livrais des pizzas dans ma tête j’étais acteur. »

Le travail (aussi peut gratifiant qu’il puisse paraître) ne doit pas être considéré comme une contrainte, mais bien comme un moyen permettant de s’élever et d’atteindre ses objectifs. Il est important de savoir que tout se passe dans la tête. Bien sûr qu’il n’était pas acteur lorsqu’il livrait des pizzas, mais en gardant cette idée, il a pu supporter ces huit longues années d’attente. De plus, rien ne l’empêchait de se comporter comme un acteur lorsqu’il conduisait un client en limousine, ou lorsqu’il accueillait les gens en tant que portier. Tout est dans la tête.

3 minutes 19: « Quand ont fait confiance en la confiance, on devient confiant. »

Je dois avouer que cette phrase m’a fait sourire. La manière dont il l’a dit est assez amusante; mais ça n’enlève en rien la profondeur du message (que beaucoup de gens n’intégreront jamais!). Il ne suffit pas d’être confiant, d’avoir confiance en soi, ou aux choses, au hasard, à la chance. Il faut en premier lieu avoir confiance en la confiance. On pourrait penser qu’il s’agit d’un pléonasme mais pas du tout, cette phrase prend tout son sens. Certains n’ont plus confiance en eux mais pas seulement; certains n’ont plus confiance en rien du tout. L’espoir et mort, et ainsi est morte la confiance. Il faut leur réapprendre à avoir confiance en cette confiance perdue, voilà tout. Les déprimés, les désespérés, les dégoûtés de la vie, les pessimistes « radicaux » ont besoin de retrouver cette confiance en la confiance.

En d’autres termes, on pourrait simplement dire qu’il faut croire en la confiance, mais je trouve personnellement que dire qu’il faille faire confiance en la confiance est bien plus profond et apporte une légère subtilité, légère mais fondamentale à sa pensée.

Lorsque vous vous lancez dans un projet ou une entreprise de grande ampleur, vous avez besoin de travailler dur et d’avoir confiance en vous; c’est un postulat basique. Quand la confiance en vous vous fait défaut, soyez déjà assuré que vous avez confiance en la confiance.

Avoir simplement confiance en soi reviendrait à dire : « Je suis capable de le faire ». Avoir confiance en la confiance reviendrait à dire : « Une certaine chose, une certaine force que je ne vois pas mais que je ressens au fond de moi est convaincu que je suis non seulement capable de la faire, mais que je dois le faire et donc, que je vais le faire ».
Avoir confiance en la confiance est le stade ultime de la confiance.

6 minutes 42: « Il n’y a rien de mieux dans la vie que de dire la vérité. »

Qui vous dirait le contraire? Depuis tout petit, on nous défend de mentir, parce que le mensonge, c’est mal. Bien entendu, personne ne peut se permettre de dire tout le temps la vérité; au mieux, on peut essayer de ne pas mentir le plus souvent possible.

S’il y a donc des fois où le mensonge peut s’avérer utile pour tous les partis, et même, se révéler salutaire, le mensonge s’avère presque toujours néfaste et destructeur. Le mensonge ne sait rien faire d’autre que d’engendrer des problèmes. Il vous donne du sursis, mais tôt ou tard, l’addition finit par arriver, et elle risque d’être très salée.

Évitez de mentir, et évitez surtout de mentir sur des choses importantes, sur le long terme; plus un mensonge dure, plus il est dévastateur. Napoléon a dit que le mensonge ne servait à rien, puisqu’il ne servait qu’une fois. Lorsque vous êtes démasqué, vos proches et vos amis perdent confiance en vous; la retrouver est un chemin long et difficile.

Mieux vaut tout mettre au clair dès le début, quitte à souffrir et à ne pas obtenir ce que l’on veut, plutôt que de dissimuler. Dans le premier cas de figure, vous serez libre. Le mensonge ne convient pas à l’homme et à l’esprit libre: c’est un boulet que l’on traîne au pied, un fardeau que l’on porte sur son dos.

Il n’y a rien de mieux que de dire la vérité.

11 minutes 03: « – Vous avez eu des problèmes…
– Et les problèmes c’est bien non ? »

Ardisson revient sur les déboires de JCVD avec la cocaïne. Pourquoi Jean-Claude arrive-t-il à en parler aussi simplement, sans nier que se droguer fut une véritable connerie et surtout, pourquoi dit-il que les problèmes, c’est bien? Selon moi, cela se rapporte à ce que j’écrivais sur Nicolas Sarkozy, par rapport à la renaissance, aux épreuves traversées qui nous permettent de devenir plus fort (37 minutes 18 dans l’article).

Les problèmes ou les épreuves font parties de la vie, il est impossible de les éviter; il faut les accueillir, avec respect, les prendre à bras le corps et les surmonter. Il n’y a pas d’autres solutions. Plus le problème est grave et l’épreuve difficile, plus vous apprendrez et plus vous renaîtrez. Quand on regarde en arrière dans sa vie, on trouve toujours une épreuve ou une situation déplaisante qui a fait de nous ce que nous sommes, qui nous a fait renaître, en bien, et au fond, on se dit : « Heureusement que j’ai vécu cette épreuve, car grâce à elle, je suis la personne dont je suis si fière aujourd’hui ».

La phrase de JCVD prend donc tout son sens. Nous aurons toujours des problèmes; autant les accueillir comme il se doit et en tirer le maximum.
C’est en somme ce que Nietzsche a un jour écrit : « Ce qui ne me tue pas me rend plus fort. »
La prochaine fois que vous êtes face à un problème, pensez à JCVD et agissez en conséquence.

13 minutes 50: « Quand on fait tout soi-même, y’a de l’amour qui se donne […] si je ne travaille pas tous les jours 15 heures par jour, je m’emmerde, et quand je m’emmerde, je fais des conneries. »

J’avais déjà évoqué ce principe dans cet article. Le meilleur moyen de réaliser un travail propre, qui nous satisfait et auquel on prend du plaisir est de le faire soi-même et pour soi-même. L’amour du créateur ne peut être compris que si l’on est soi-même créateur. Créer une oeuvre, monter un meuble, dessiner un portait, composer une musique, créer un site internet, écrire un livre… Tant que vous ne l’avez pas fait, vous ne pourrez que difficilement concevoir toute l’essence de ce principe.

J’étais tombé un jour sur une vidéo d’un marketeur sur Youtube, très inspirant, qui avait eu à peu près ces mots: « Si pour dix vidéos que vous regardez sur Youtube, vous en faites au moins une, vous ne pensez pas que vous allez être plus productif? Vous ne pensez pas que cela changera votre vie? » J’ai toujours gardé ce principe en tête (mais ne l’ai pas toujours appliqué), parce qu’au final, c’est un principe très fort qui, mis en application, peut réellement changer votre vie. Refuser d’être toujours le consommateur pour devenir le créateur, voilà un thème qui mériterait d’être abordé bien plus en profondeur.

Prenez cependant garde, devenir créateur n’est pas une entreprise facile: vous allez devoir travailler bien plus que vous n’avez jamais travaillé. Tous les grands écrivains, les grands artistes, les sportifs, les scientifiques, les hommes d’Etats… Tous ont été passionnés par leur domaine et ont travaillé 8, 10, voire 12 heures par jour… Ici, un article qui en dit plus sur les bourreaux de travail que furent les écrivains.

Il faut s’être entraîné durement avant d’arriver à travailler 10 heures d’affilées. Comme pour le sport. Avant de courir un marathon, il faut déjà courir 5 kilomètres, puis 10, puis 15 puis 20… On ne peut pas penser de 5 à 40 kilomètres en une semaine comme on ne peut pas passer de 2 à 10 heures de travail quotidien en une semaine non plus… Tout est une question d’habitude et d’entraînement.

Si vous pensez que c’est trop de travailler, disons 5 heures par jour sur un de vos projets, je vous renvoie au discours d’Arnold Schwarzenegger lors d’une cérémonie de remise des diplômes dans une université américaine. Vous retrouverez ici le lien pour la vidéo entière, et ici le résumé mondialement connu comme « les six règles du succès« .

Il dit: « Je me suis toujours dis qu’il y avait 24 heures dans une journée: on dort 6 heures, ce qui nous en laisse 18 pour vivre. Et là je sais que certains me diront qu’ils dorment 8 ou 9 heures… Eh bien je vous recommande de dormir plus vite!« 

Demandez-vous toujours: « De toute façon, ai-je vraiment mieux à faire, si ce n’est de travailler? » Si vous travaillez sur un projet qui vous tient à cœur, vous ne conterez pas les heures et vous y prendrez du plaisir. Et, de toute façon, quand on ne travaille pas sur nos projets, on s’emmerde et on fait des conneries. Voltaire disait : « Le travail éloigne de nous trois grands maux: l’ennui, le vice et le besoin.« 

16 minutes 12 :  » – Jean-Claude Van Damme, aujourd’hui vous avez assez d’argent pour vous arrêter de bosser non ?
– Assez pour moi mais pas assez pour les autres, parce que dans la vie il faut partager. […] Il faut faire quelque chose de bien dans la vie. »

C’est un conseil que vous retrouverez chez tous les grands personnages. Les Américains appellent ça « Giving back ». Mais attention, je pense qu’il ne faut pas mal comprendre ce principe. Il ne s’agit pas de donner pour donner, de payer une sorte de dette imaginaire et de se dire « c’est bon, maintenant personne n’a plus rien à demander ». Il faut partager et aider les gens uniquement parce que, au fond de vous, vous ressentez l’envie et même, le besoin de le faire, et vous savez que c’est également une partie de votre travail.

Lorsque le succès, la richesse, la bonne santé vous touchent, essayez d’en faire profiter les autres, comme disait Nicolas Sarkozy : « La vie, n’est qu’une longue tentative pour partager des émotions. » Le bonheur n’est réel que lorsqu’il est partagé. Partagez votre bonheur, vos émotions et vos richesses; c’est la clé du véritable succès, celui qui dure éternellement et qui est authentique.

J’ai pris beaucoup de plaisir à écrire cet article et à vous le partager. J’en ai tellement pris que vous pouvez être assuré que j’en écrirai un second, concernant les autres aspects de sa philosophie. Voici ce que nous avons vu:

  • Dites du bien des gens qui vous sont chères, ou au moins, évitez le plus possible de dire du mal de quelqu’un. C’est un signe d’une grandeur d’esprit et d’une noblesse de cœur que peu de personnes ont sur cette Terre. Il est toujours déplaisant de voir des gens médirent sur d’autres. Si vous n’aimez pas assister à un tel spectacle, faites en sorte de n’en jamais devenir l’acteur.
  • Attendre, c’est terrible. Attendre, c’est la mort. Soyez le plus rarement dans une position d’attente et évitez qu’elle se prolonge. Arrêtez d’attendre les gens, d’attendre que LA bonne occasion se présente… Prenez des risques, bougez, faites quelque chose.
  • Tirez parti de chaque situation. Gardez toujours en tête votre objectif et ne le lâchez pas.
  • Ayez confiance en la confiance; c’est le stade ultime de la simple confiance en soi. Avoir confiance en la confiance, c’est croire que ce n’est plus seulement vous qui avez confiance en vous, mais l’univers tout entier.
  • Dites la vérité, ou en tout cas, essayez le plus souvent de ne pas mentir, surtout pour les sujets importants qui dureront sur le long terme. Mentir apporte des problèmes, dire la vérité libère. Le libre penseur ne peut pas se dire libre s’il traîne constamment un boulet au pied.
  • N’ayez pas peur des problèmes car les problèmes se révèlent souvent bénéfiques. Ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort.
  • Soyez créateur, donnez vie à un projet. Travaillez deux, trois, cinq, sept heures sur votre projet et prenez-y plaisir: c’est le seul moyen d’avoir du succès et d’atteindre l’excellence. Faites-le tous les jours, prenez de bonnes habitudes.
  • Partagez toutes les bonnes choses qui vous arrivent et faites quelque chose de bien, d’utile pour vous et pour les autres.

AIT-SALEM Massiva

Publié par massivaaitsalem

Etudiant en Relations Internationales à Paris. Passionné de philosophie, de littérature et d'art.

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